T-chat-O ! Et stérilisations.

Aujourd’hui, démarre ce blog. Vraiment. De l’aide généreuse, chouette, affectueuse, et ô combien efficace de Gavroche et Gemp. Et déjà des dons.  Déjà 7 stérilisations de femelles et 1 de mâle. Formidable,  car l’alpha et l’oméga de cette histoire, c’est de favoriser une chouette vie pour ces chats, et donc de limiter les naissances. C’est une nécessité absolue. C’est aussi très difficile. Car il faut attraper les chats, et c’est le hic de l’exercice.

Cet été, avec deux amis, on a acheté collectivement une cage à fond mobile. 160 euros, et on a dû passer par le vétérinaire (c’est ou par eux ou par la SPA, mais comme celle-ci est inexistante sur l’île…) pour la commande. Les fabricants ont envoyé une première cage, inutile, plus ou moins les cages à chats pour le transport, avec entrée de face. Ça marche pour les chats qu’on peut attraper, à condition de mettre des gants et de pouvoir les approcher frontalement. Mais ces chats-là sont rares. Déjà stérilisés, quant à moi. Trois mois pour recevoir la « bonne » cage enfin, après moultes négociations, renvois, téléphones : en fait une cage dont le fond est mobile, et qui peut servir également à coincer latéralement un chat très très fâché, pour lui faire éventuellement une petite piqûre de sédatif.  Très pratique, j’ai pu attraper deux chattes méfiantes avec. Mais cher.

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Cela semble bien barbare, mais ce fond amovible et ce volet de contention sont parfois très utiles.

Un mot sur ces deux amis co-propriétaires de cette merveille : l’un est néo-zélandais. Derek.  Il vit quasiment la moitié de l’année dans une grotte au-dessus d’une plage de Syros. Il suit l’été… C’est un prof de chimie à la retraite. Il aime les chats. Quand il jouit de l’été austral, il paie Tim, autre co-propriétaire de la cage, pour aller trois fois par semaine nourrir « ses »chats de la grotte. Il a commencé avec deux chats, il en a onze depuis cet été.  Son combat : les stériliser. Cet autre ami, Tim, lui vit à Syros depuis une douzaine d’années. Il s’occupe d’une vingtaine de chats. Quand il part en Angleterre, il paie un ami pour nourrir ses chats à lui, et moi je vais nourrir les chats de Derek.  Son combat : les stériliser.

L’année dernière, j’ai loupé  quatre chattes. Trop sauvages. « Sauvages », vraiment sauvages, cela signifie non seulement de ne pas pouvoir les approcher, mais déjà les regarder de face est impossible : seul mes coups d’oeil sur les côtés m’ont permis de connaître leur existence, et leur ombre fugace rapidement disparue. Chaque chatte a fait deux fois de suite des portées de quatre à six chatons. Situation ce printemps : tout à coup, alors que j’avais réussi à stabiliser la population à plus ou moins 70 chats, explosion démographique, et, circonstance aggravante, essentiellement des femelles.

Que dire des stérilisations, ici ? Le cabinet des vétérinaires est bien. Rien à dire. L’un des vétérinaires n’aime pas les chats, mais c’est un excellent praticien, chirurgien hors pair, et il a un diagnostic sûr. En plus, il a la « petite piquoûze définitive » pas facile du tout. J’ai connu des vétos vers chez vous au nord qui proposaient l’euthanasie vraiment facilement. Lui, pas du tout. Je l’ai vu garder des chats harets dans sa clinique tellement amochés que j’en aurais moi-même fait l’euthanasie. Parfois, il en fait un peu trop.

L’autre vétérinaire est très engagé dans la défense des animaux. Il a eu le courage remarquable (car Syros est une toute petite île pleine de gros chasseurs très sourcilleux de leur non-droit) de faire arrêter deux chasseurs d’oiseaux au filet (pratique interdite en Grèce, ainsi que la chasse à la glu : chose remarquable puisque c’est autorisé en France), il adore les chats, et il est extrêmement amical et arrangeant. J’ai parfois quelques doutes sur ses compétences.

Mais tous deux sont vraiment très gentils, compassionnels, aimables., serviables.  Ils m’ont « à la bonne » : ouf ouf.

Comme je suis une « patiente » régulière, je peux amener un chat à stériliser à peu près quand je le peux, c’est-à-dire dès que je vois une ouverture : choper le chat, m’habiller, foncer au cabinet. Le cabinet s’est doté d’une sorte d’appareil qui fait des cicatrices « soudées », plus besoin d’attraper  la chatte une deuxième fois pour faire enlever les fils. Mais je ne vous raconte pas, avant ça, les femelles que j’ai pu attraper une fois et plus jamais ensuite, et qui ont gardé au ventre leurs fils de suture chirurgicaux bleus…

Pour les mâles, comme c’est une opération en somme bénigne, sisi, je peux les reprendre le jour même. Par contre, l’hystérectomie-annexectomie pratiquée sur les femelles est une grosse opération, et je ne les reprends que le jour suivant, pour que leur réveil se passe en cage, le plus en sécurité possible.  D’autre part, mais hélas je n’y pense pas toujours, et ça coûte des sous, je demande qu’on en profite pour faire un traitement anti-vers et anti-puce. Pour les chats harets difficiles à approcher, c’est peut-être la seule fois de leur vie, mais bon, qu’au moins ils soient tranquilles de ce point de vue quelques mois.

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Bob, stérilisé il y a une dizaine de mois, ne le sait pas encore. Avec une des femelles qu’il faudra que j’attrape…

Il y a deux prix pour les stérilisations : le prix « chat de la maison choyé chouchouté », je soupçonne que c’est parfois un peu à la tête du client, et le prix chat haret (je donnerai les différents prix plus loin). Mais le prix chat haret a … un coût : l’ablation d’une partie de l’oreille gauche. Et c’est une condition sine qua non pour bénéficier de ce prix. J’ai beaucoup râlé, tempêté, supplié, demandé qu’on ne coupe pas le bout, mais qu’on fasse juste une petite entaille, rien à faire.  Pour Cybèle, j’ai carrément payé le prix « chat-chouchou » tellement cela me mettait en rage qu’elle soit mutilée (honneur à la beauté). Parce que c’est une vraie mutilation, enlever ce sommet d’oreille, où poussent ces tellement jolis poils longs, qui ont en plus certainement une fonction sensitive. Mais il paraît que ce sont les normes internationales, que j’ai effectivement vérifiées sur un site américain. Ce qui fait qu’on peut repérer mes chats d’« avant » et mes chats d’« après » la nouvelle mode chez Manolis et Ghiorgos.

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L’oreille massacrée de Polybelle. Heureusement, toutes ne sont pas aussi ratées, mais d’autres sont encore pire !

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Cybèle, avec ses belles vibrisses (?) d’oreille

Il faut reconnaître qu’ils font deux ou trois fois par an des « campagnes de stérilisation » que je vous raconterai à l’occasion, et  il est effectivement essentiel de trapper des chats non encore stérilisés, certes. Les chats capturés à ces occasions sont ceux dont regorgent les albums photos que les gens apprécient tant, « Chats de Grèce », « Chats du Parthénon », « Chats des ports », chats des poubelles, des restes immondes, des flaques d’eau croupie, chats des maladies : observez bien ces chats et chatons photographiés avec tant de complaisance, pas un n’est en bonne santé, pas un n’a plus d’un an ou deux ! Donc à l’occasion de ces campagnes, l’oreille coupée est une marque visible très utile. Mais moi, je connais les miens, de chats…

Stérilisation de chatte chouchou : (au minimum) 100 euros ; de chatte haret : 50 euros ; de mâle chouchou : 60 euros ; de mâle haret : 30 euros ; nuit à la clinique : 10 euros. Vermifuge : 5 euros. Anti-puce/tique : 9 euros.

Et aujourd’hui, il pleut comme Vache-qui-Pisse, un torrent célèbre de par chez nous en Valais, et donc chacune et chacun essaie de se trouver une petite place confortable à soi…

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Loulou roupillant. Il a de très très longs poils dans les oreilles.
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8 réflexions sur “T-chat-O ! Et stérilisations.

  1. Continue comme ça à nous informer… moi je trouve ça très intéressant ;o)… Et pour avoir vu ces pauvres chats livrés à eux-mêmes en Grèce, du côté de Thessalonique, là-haut… tous tout jeunots, suivant leur mère efflanquée, se battant pour la nourriture que nous leur réservions (on allait au restaurant pour leur donner à manger… en fait)… c’était pathétique !

    • yessssssssssss. merci. tu as vu, je poursuis sur ma lancée ! j’y viendrai bien sûr aux chats de syros ailleurs qu’ici… la saison des chatons mis vivants dans des sacs plastique aux poubelles va commencer. les chiots aussi d’ailleurs. mais il n’y a pas que ça, il y a aussi des gens fabuleux, qui, malgré cette crise monstrueuse, s’efforcent encore d’aider les animaux.

    • oui,oui, permets-toi, bien sûr.
      une chose me gêne dans ces définitions, c’est qu’elles sont très « ethnocentrées ». mes chats-du-dehors n’ont JAMAIS été « domestiqués », même si c’est l’espèce des chats « domestiques ». à part les chats qui, par chance, ont la chance de croiser des gens comme moi sur leur chemin (et comme dit jacques roubaud : « On est celui qui s’en va tout seul et pour qui tous les chemins se valent »), et je dis la chance, et je pèse mes mots, sinon, ils naissent et meurent dans le voisinage humain, mais autant que les pigeons ou les rats. les mots sont très plombés, sauvage ne signifiant pas « féroce », ni même capable de survivre hors environnement humain (sauf en cas de poubelles bien pleines malgré leur isolement !). donc si ces chats harets sont « retournés » à l’état sauvage, on parle d’un « retour » effectué depuis plusieurs générations.

    • oh, lala, toujours les mêêêêmes ouais, c’est dingue ça ! et j’espère bien que tu viendras souvent mettre ton grain de sel féliphile par ici !!

  2. Pingback: Spicilège 6. | Les chats de Syros

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