Spicilège 3.

Des plantes, des images, du blabla… Et désolée pour les connexions lentes ! Lire la suite

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Des armes de guerre : les graminées.

Vous vous rappelez la verdure heureuse et printanière qui entourait la maison ? C’est un joli souvenir. Il fait 30°, tout sèche à vue d’oeil, on arrive bien vite, si vite, trop vite à l’été. Certaines graminées, si jolies lorsqu’elles sont vertes et balancent souplement avec le vent, une fois desséchées et cuites par le soleil et la sécheresse (2 jours de toute petite pluie en avril, et pas grand-chose en mars) deviennent mes ennemies personnelles, et c’est simple, je les hais. Lire la suite

Mon Copain

le petit nouveau Copain réduit

Lui est arrivé ici il y a quelques années, au début de notre aventure lotoise. Toute la maison était en chantier, des gravats et des cartons partout. C’était l’hiver.

C’est notre Linus, aujourd’hui disparu, qui nous l’a amené un soir. Linus aussi aimait tout le monde. Alors, je suppose que quand il a vu un copain qui traînait dans le coin, maigre, affamé, malheureux solitaire, abandonné, il s’est dit que maman et papa chat ne rechigneraient pas à accueillir un nouveau venu. Il a « passé le témoin » de l’amour, en quelque sorte, avant de s’en aller, à peine quelques mois plus tard.

Copain était décharné et crevait de faim. Alors, j’ai commencé à le nourrir dehors, devant la porte. Dès que je m’approchais, il s’en allait. Petit à petit, la gamelle de pâtée se rapprochait de la maison, elle a fini par se retrouver dans la cuisine, et je laissais la fenêtre ouverte pour que Copain puisse s’enfuir s’il le voulait. Et un jour, comme il faisait froid, j’ai refermé la fenêtre. Copain était définitivement de la famille.

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Peu à peu, il s’est remplumé, on l’a fait stériliser, on lui a retiré quasiment toutes ses dents (il ne lui reste plus qu’un croc) qui sont venues comme ça, sans forcer : il avait eu un virus dans la bouche, et elles ne tenaient plus du tout, elles lui faisaient juste mal.

Copain n’a jamais chassé (comment a t-il fait pour survivre?) et contrairement aux autres, n’a jamais attrapé la moindre souris, ni le moindre oiseau. D’ailleurs, il peut rester sur la terrasse, cela n’empêche pas les mésanges et autres verdiers de venir aux mangeoires, et même sur la table, comme s’ils avaient compris qu’il n’y avait pas de danger. Ben oui, Copain aime aussi les souris et les oiseaux.

Copain aime les autres chats, les chiens (même le Milou ne lui fait absolument pas peur) et tous les humains. Même les inconnus trouvent grâce à ses yeux, et qu’importent les genoux accueillants, pourvu qu’il puisse ronronner à son aise (c’est un maître dans ce domaine) et se faire câliner.

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Alors, il y a quelques mois, on a constaté qu’il se grattait beaucoup l’oreille. De la gale, sans doute. En passant chez le véto, traitement et tout le toutim, on a quand même découvert de petits nodules durs dans l’oreille, comme une vilaine grappe rose et noire, rien de grave à l’époque, on devait juste lui nettoyer l’oreille régulièrement.

Il y a un mois, rebelote, une boule, dure, est apparue sous l’oreille. De la taille d’un noyau de cerise, aujourd’hui, elle est comme un noyau de pêche. Ponction (rien), antibios, puis anti-inflammatoires, puis reponction la semaine dernière : c’est un fibrosarcome. Une saloperie de cancer. Sur MON Copain. « Ça » ne métastase pas, mais même en cas d’opération, « ça » a des chances de revenir au même endroit.

L’opération était prévue ce matin. Cette nuit, Copain a dormi avec moi, sur ma tête, bavouillant et ronronnant comme un dingue sur mon oreiller. J’ai eu du mal à m’endormir, repassant dans ma tête les pires scénarios, tremblante, en sueur, réveillée dix fois, m’assurant qu’il était toujours là.

Mais Copain ne m’a pas lâchée. Ce matin, branle-bas de combat, je planque les gamelles, et même l’eau, parce qu’il doit être à jeun. Je prépare mon café, tendue, inquiète, pas sûre de moi (opérer, pas opérer?) et mon Copain toujours ronronnant, met ses pattes sur mes épaules, et me donne de grands coups de boule dans le menton, on s’aime d’un amour immense.

Au moment de partir, j’avais tout préparé, le panier pour le transport, avec une serviette moelleuse dedans, enfermé les chiens, mais j’avais oublié un truc, essentiel : fermer la chatière. Que croyez-vous qu’il arriva ? Copain s’est barré… Et voilà. Comme un avertissement du destin… Une façon de dire : foutez-moi la paix. Et que dire, hein ? Quelque part, je suis soulagée…

« A l’heure ou j’écris ces lignes », ben l’heure d’aller chez le véto est passée :  Copain vient de rentrer à la maison. Et de s’installer … sur mes genoux.

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Écrire sur l’indicible et la honte.

Vous l’aurez peut-être remarqué, j’ai passé une semaine bien silencieuse. P’tit Nouveau m’a permis de renouer avec le blog, et vous comprendrez pourquoi je me suis tue, et pourquoi j’ai pu me remettre au clavier. Ou peut-être ne comprendrez-vous pas.

Ce texte-ci, c’est 100 autres textes précédents écrits et mis à la poubelle. Je ne sais comment aborder la chose. Et donc, comme le conseille un psychanalyste de littérature (« Je te retrouverai » – John Irving*), je raconterai chronologiquement. Ça gratte l’os. Lire la suite