Sébastien et Riri-Monmariri.

Sébastien et Riri ont un peu le même pelage, Riri un poil plus de noir. Pas vraiment le même caractère. Mais je les mets ensemble dans ce petit texte pour les anecdotes que j’aimerais raconter à leur propos.

Riri, depuis décembre 2012 avait une sinusite chronique. Le bruit qu’il faisait en s’obstinant à respirer par le nez (comme tous les chats) valait bien le ronflement humain en refuge de haute montagne : tampons dans les oreilles obligatoires, d’autant plus qu’il ne me lâchait pas d’une semelle, de jour comme de nuit. Son regard triste ne me quittait pas : « Fais quelque chose, mamanchat, s’il te plaît ! ».

 

Position typique pour respirer du chat nez bouché.

Position typique pour respirer du chat nez bouché.

Manolis, l’ « autre » vétérinaire était celui qui s’en était occupé, donc thérapie selon son opinion – et Ghiorgos ne pipait mot. Donc pas de cortisone (cela pouvait « aggraver » la situation…Je ne vois pas comment cela aurait pu être pire :

Malheureux poussin !!

Malheureux poussin !!

Riri pissait le pus et le sang du nez non-stop, la moque sanguinolente se solidifiait en faisant de tels  bouchons sur les narines que je devais les lui décoller à l’eau tiède 2 ou 3 fois par jour)  et antibiotiques à hautes doses, 2 types pour couvrir tous les types de bactéries, un par piqûre, l’autre après rodéo, dilué dans une pipette. On était stressés tous les deux. Cela a duré 4 mois.

En mars, j’ai fait opérer Riri par Ghiorgos de son chou-fleur dans l’oreille, et comme celui-ci me demandait l’autre jour des nouvelles de cette oreille et de la cicatrisation après ablation (impec’),

Avant.

Avant.

Après.

Après.

je me suis enhardie à parler de cette sinusite (qui semblait la chasse gardée de Manolis), de l’effet absolument nul de l’antibiothérapie, et du fait que Manolis ne voulait pas entendre parler de cortisone. Et j’en ai demandé une seringue, quand même, pour essayer, parce que je ne voyais pas d’issue, et que ça me semblait possible que ça puisse diminuer l’inflammation, donc l’inconfort. Ghiorgos a accepté, tout en me disant que cela n’allait guère faire mieuxcque cacher l’infection. Mais bon, si déjà le chat pouvait se sentir un peu mieux, peu importe.

Ghiorgos, à cette occasion, m’a dit comment on peut essayer de traiter cette sinusite, sans aucune garantie de réussite.  Je ne connais rien à la médecine (et plus encore en grec ou en anglais), mais j’ai bien compris que les sinusites chroniques, du chat particulièrement, sont très difficiles à traiter par antibiotiques pour des raisons anatomiques (conduits extrêmement fins en particulier).

Si je ne me trompe, la cavité en haut du crâne est le sinus. Quant au reste...

Si je ne me trompe, la cavité en haut du crâne est le sinus. Quant au reste…

Par contre, il est possible de passer par la chirurgie, mais c’est une opération très très délicate : on pratique une trépanation sur le front du chat, et depuis l’ouverture pratiquée dans l’os, on va aspirer et nettoyer la cavité des sinus. Ensuite on referme, et on espère que cela valait le coup et le coût. Pas de culpabilité à avoir, le véto me disant dans la foulée qu’il ne se sentait pas de faire cette intervention.

Donc je rentre à la maison, injecte la cortisone à Riri-monmariri, et, sans exagérer, 3 heures après, il n’avait plus rien. Comme c’était l’heure de la piquoûze, je téléphone à Ghiorgos, lui explique cette disparition totale des symptômes et lui demande quoi faire avec les antibiotiques. On arrête !!! Ouf ouf ouf. Voyez la logique ? Disparition des symptômes ne signifie pas éradication de la maladie, mais bon, on peut toujours reprendre les antibiotiques s’il le faut. Comme il s’agit de cortisone retard, le chat est couvert un mois, et Ghiorgos m’a dit qu’il traite une chatte ainsi depuis huit ans avec une injection/mois, et qu’elle est en pleine forme, vérifiée par examen du sang !

Et je vous le donne en mille : Riri, depuis, passe sa vie dehors, c’est à peine si je le vois de temps en temps venir manger… Il jouit de la vie, du grand air et du soleil.

Sébastien, maintenant. Il est encore jeune, on n’est même pas encore en plein été où le soleil brûle tout, mais ses oreilles non pigmentées sont déjà bien attaquées par les UV. La meilleure manière que j’ai trouvée pour protéger la peau fragile des chats blancs, ou au moins à oreilles blanches, est de les couvrir avec un emplâtre d’argile : cela fait écran total, et si le chat lèche l’argile en se nettoyant, il ne s’empoisonne pas, même s’il risque une petite constipation.  Je fais l’emplâtre, en tartine les oreilles de Sébastien (très chicosse), mais l’argile sèche vite et part en poussière dans la journée. Donc changer le mélange.

Argile + eau : mais cela sèche très vite, et donc part vite également.

Argile + eau : mais cela sèche très vite, et donc part vite également.

Et là germe en moi une

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Je prends un peu d’huile bio (bien sûr !) de chanvre au lieu d’eau, et mixe bien mon mélange : formidable, onctueux à souhait, même un peu collant, mais cela sera parfait pour les oreilles fragiles… Retartinage du chat, et il m’en reste un peu collé aux parois du verre, et au fond. Le temps passe, je constate,  le surlendemain de cette géniale solution anti-UV, que Sébastien a les oreilles toujours totalement couverte par mon mélange, encore bien souple, bien frais. Je regarde dans le verre, idem. J’essaie de le laver, sans aucun résultat, sinon celui d’étaler un peu plus sur les parois mon savant mélange. Je m’affole un peu, c’est quoi ce truc ??? J’ai même posté sur un forum de joyeux chimistes. Pardi, cette matière formidable, j’avais vraiment envie de comprendre comment j’en étais arrivée à la trouver, et surtout d’en connaître les différentes utilisations, s’il y en avait. J’ai également embêté ma mailist de bricoleurs, archéologues, amateurs de matières bizarres, toujours avec ma question : qu’ai-je fabriqué ? À quoi ça sert ? Sur le Net, la recherche /huile+argile/ ne donnait accès qu’à des forums santé, dans lesquels on recommandait, durant la cure d’argile, de NE PAS prendre d’huile en même temps. Sans autre explication. À considérer mon emplâtre indestructible, certes, certes…

Et puis c’est mon archéologue expérimentale bricoleuse de belle-sœur qui m’a donné la solution (j’ai cru entendre un rire…) : j’avais inventé le MASTIC À VITRIER (blanc dEspagne + huile de lin). Alors oui, ça pouvait bien coller aux oreilles du chat et aux parois du verre, et n’être pas recommandé par voie interne…

À force, cela a fini par se décoller de la peau des oreilles bien (trop) roses dessous, en petites squames que j’espère que Sébastien n’aura pas mangées, et depuis, je suis revenue à ma version précédente, eau+argile… Quant au verre, je l’ai jeté.

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2 réflexions sur “Sébastien et Riri-Monmariri.

  1. Eh bien je suis ravie que Ririton mariri aille bien mieux ;o))…
    Sinon c’est dingue, ces chats blancs qui ne sont pas faits pour être exposés au soleil… J’espère que Sébastien n’aura pas trop avalé de mastic ! Je cherche ce qui pourrait faire écran aux rayons UVA et B… mais c’est tout sauf évident … à part ces crèmes que les chats s’empresseraient d’enlever à coups de « toilettes de chats »… En effet, l’argile me semble idéale… Si j’ai une idée de génie, je te tiens au courant … mais tu connais mieux le pb que moi ;o)

    • arf, la crème solaire, c’est vraiment plein de saloperies. j’ai pensé au henné, mais il semble qu’en fait cela n’arrête pas les UV. non, je crois qu’à part l’argile, il n’y a rien d’autre. et dommage qu’huile +argile, ça soit ce que c’est, parce que côté résistance, c’était parfait ! mais bon, trop peur qu’il en avale…

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